Le Viol d’Europe

11,54 TTC

— Attention, les thèmes évoqués et les scènes décrites peuvent être dérangeants. Livre déconseillé aux personnes trop sensibles. —

Roman Le Viol d’Europe par l’auteur F. de Lancelot.

Raphaël ne se voit pas comme un tueur en série. En réalité, il ne se voit même pas comme un tueur. Un terroriste, peut-être. Un homme de bon sens, sûrement.
Mais quel est alors le moteur de ces atrocités qu’il commet ?

11,54 TTC

Le livre

— Attention, les thèmes évoqués et les scènes décrites peuvent être dérangeants. Livre déconseillé aux personnes trop sensibles. —

Raphaël ne se voit pas comme un tueur en série. En réalité, il ne se voit même pas comme un tueur. Un terroriste, peut-être. Un homme de bon sens, sûrement. Mais quel est alors le moteur de ces atrocités qu’il commet ?

Extrait

Chapitre 1

Quelle paix, quel silence! Cette nuit est la première que je vais passer ici, perdu au milieu de l'hiver des causses aveyronnais, dans cette maison en ruines dont la porte ne ferme plus qu'avec difficulté, et dont les volets se sont depuis longtemps enfuis avec quelque bourrasque. Mais ce soir, nulle bourrasque — seulement le calme. Je suis assis à même le sol, éclairé par la flamme chancelante d'une bougie, mon carnet sur les genoux, regardant par la fenêtre la voûte céleste abandonnée des nuages, et qui me laisse découvrir une myriade de nouvelles étoiles, trop faibles, trop discrètes pour pouvoir s'exprimer dans le ciel pollué des villes.

Le silence des étoiles... même la nature qui m'environne semble s'être tue, et la brise quiète qui effleure le paysage ne réussit pas à rompre la stoïque bonace des herbes folles.

Et pourtant quand je ferme les yeux, allongé sur la terre battue qui tient lieu de sol dans cette bâtisse vide et délabrée, je sens l'odeur du sang, l'odeur de la mort à venir. Je la sais porteuse des maux que je vais abattre sur le pays. Je serai — je suis — le sauveur écarlate, le glorieux martyr, la plaie salvatrice, le bâtisseur de ruines — et pourtant, on me prendra pour un fou, un monstre, un barbare et pis encore.

Mais quel autre choix ai-je donc? Quand la vérité nous explose au visage, on ne peut plus l'ignorer, on ne peut plus se mentir, on ne peut que l'affronter.

Je sais près de moi, dans cette cité templière de La Couvertoirade, les chevaliers qui reposent sous leurs pierres tombales, rondes et ornées de la croix de gueules ou de la fleur de lys. Peut-être me jugent-ils aussi, de leur sévère regard, là-haut, parmi les étoiles, mais pourtant, je sais qu'ils connaissent la terrible nécessité du sang, de la guerre — de la mort.

Cet après-midi, je suis allé m'asseoir au milieu de leurs sépultures, dans ce petit cimetière à l'intérieur des fortifications. J'y ai trouvé, malgré la jouxtance du village, le même calme, la même quiétude que dans cette maison guenillarde qui était désormais mienne. Mais en place de cette odeur de mort qui ici me dévore les narines, m'envoie vers ce futur sanglant auquel je me suis destiné, là-bas, dans ce cimetière, je ne sentais que la pureté de l'air froid, ne ressentait que la majesté apaisante de la pierre et la sérénité des transis.

Et cette nuit, je reposerai sur cette terre battue, allongé comme un gisant sous ma misérable couverture, baignant dans cette odeur de morts, me laissant glisser lentement du royaume des innocents à celui des damnés.

Chapitre 2

Dans la pièce fraîchement rénovée, aux murs blancs, posées sur de frêles tabourets, une platine vinyle et ses enceintes faisaient retentir le Requiem de Verdi. Le jeune homme, Raphaël, avec ses longs cheveux blond cendré, attachés pour l'occasion en chignon en haut de sa nuque, et ses vêtements noirs, tachés de peinture, achevait de donner les dernières retouches à son ouvrage. Il posa son pinceau sur l'escabeau, recula de quelques pas et admira son travail: « Vous qui êtes ici, abandonnez tout espoir » — phrase tracée en lettres gothiques et qui s'arquait au-dessus de la porte. La traduction un peu trop libre de la célèbre citation du sixième livre de l'Enfer de Dante — Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate — lui avait d'abord posé problème, mais étant donné le genre de personnes amenées à fréquenter cette chambre, il serait probablement le seul à être gêné par cette approximation. [...]

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